Dans le ventre de la baleine

Je suis allée chasser la Baleine, en baskets, Porte de Bagnolet, après une barre d’immeuble et une rue qui serpente. Dans un local où d’un coup d’œil tu vois toute la ligne de production sans tourner la tête, Bruno Torres brasse des bières. Il ne prétend pas connaître toutes les bières, donc ne parle que des siennes. Ses bières sont presque humaines, chacune a sa personnalité, son caractère et son histoire. Au fil de ses rencontres dues au hasard ou non, il crée des bières spéciales, en plus de sa gamme permanente. Pour un hypermarché qui voulait une bière brassée avec le miel produit sur son toit ou une bière rigolote juste pour Halloween (la Monstro), ce qui intéresse Bruno c’est d’abord la rencontre avec ceux qui aiment le produit et l’expérimentation. De sa rencontre avec la Distillerie de Paris, un spiritueux est né, le Souffle de la Baleine, distillée à partir de la Gitane et la Phare (deux bières de sa gamme permanente). Pour sa dernière co-création, la Cru 1910, son complice est Benoit Castel, le boulanger pâtissier installé dans le 20ème. Tous les deux, ils ont brassé une bière de blé avec un mélange de levures de boulanger et de levures de brasseur. Les tests ont été mousseux, parfois trop nerveux, mais ils ont fini par obtenir un résultat élégant, présentée dans une jolie bouteille rayée. Mousse fine et fidèle jusqu’à la fin du verre, saveurs de pain d’épices et légèrement boisées, c’est une bière que j’ai envie d’offrir aux copains, simple et terriblement efficace pour la bonne humeur, sans finir le pif dans le caniveau.

www.brasserielabaleine.com